Jour N°47
Poème
du « Ruru
Path » à
Wellington
les chemins sont également tortueux
entre troncs lianes et rochers
attentif
j’entends chanter Montagne Froide
le vin plus joyeux que le ciel
maintenant dans la ville
les bruits familiers sont là
le souvenir des cascades et de l’eau
mes pieds comme mes yeux se mouillent
le soleil de Montagne Froide
entre rochers et fougères
celui-là même qui se lève
au sous-sol des grandes villes
la brume ce matin au-dessus des immeubles
le cri des cormorans traverse le ciel
dix pierres entassées à côté de l’escalier
touchent la cime des arbres c’est ici Montagne Froide
deux sapins dépouillés dépassent des toits plats
cet arbre gris doit s’élever prêt du mur
entre bêton et tôles Ils ignorent la brique
de rage s’élancent au ciel montagne en pleine rue
au soleil naissant Je pense à ce poète
dont je ne suis que l’ombre
reviendra-t-il marcher sur les crêtes
parler aux nuages plaider pour mon âme
Ooh ooh les honneurs sont bons
marchés
il suffit de se baisser
pour les ramasser en tas
à Montagne Froide les torrents sont gelés
il y a sous le petit porche
un homme couché en chien de fusil
tout contre lui il a serré
comme un enfant sa bouteille vide
Han
chan connaît les hommes
il voit les cœurs
il discerne l’homme de l’animal
c’est pourquoi je suis à Montagne Froide
en terre étrangère jamais je ne suis seul
que le soleil ou la lune se montrent
Han
chan la véritable montagne
Jusqu’ici
m’accompagne
un portail de planches peintes en vert
une allée couverte de feuilles vertes
quelques marches de ciment à gravir
voilà Montagne Froide où je me retrouve
si les arbres et les torrents
les rayons du soleil et les insectes
sont du dehors et du dedans absents
alors je ne suis pas à Montagne Froide
depuis Montagne Froide je vois les vallées
les torrents je les entends
de la fumée il en vient parfois
le soir je m’endors en paix
N.Kurtovitch