Jour
N°87
Edmund
Hillary est un héros Néo Zélandais. Ce n’est pas le seul, on devrait citer
Ernest Rutherford bien sûr, mais aussi, selon un lecteur du Dominion Post,
Marshal Sir Keith Park, dont personne ne m’a jamais parlé et pourtant il fut
l’un deux principaux commandants des groupes d’aviation de la Bataille D’Angleterre.
Une victoire dans les cieux qui sauva l’Angleterre et
par là, permis la victoire contre le nazisme. La guerre toujours, la mémoire
collective Néo Zélandaise repose pour beaucoup sur les guerres, Guerres
mondiales mais aussi Guerres entre maori et Colon. Justement, durant ces
guerres, l’Angleterre se désengage, rapatrie ses troupes, contribuant ainsi à la création d’un fort sentiment national. Les guerres Maori,
comme on les nomme, contribuèrent aussi
à l’unité du pays, puisqu’il s’agissait d’une histoire commune,
Maori/Colons, une commune souffrance. Mais Hillary à une place unique dans le
cœur des Néozélandais, toutes les personnes que j’ai rencontrées ont quelque
chose à dire à son propos. Une anecdote lue et qu’ils aiment à développer, une
précision sur le moment exact de la
rencontre avec celle qui deviendra sa seconde femme, et une autre personne me
dira les circonstances qui ont fait que Hillary se décida à l’épouser Beaucoup
appréciait encore davantage que ses exploits, l’engagement qu’il a eut en
faveur des populations de l’Himalaya, au travers de son organisation : « himalayen
trust ». Ses funérailles auront lieu à Auckland mardi prochain, elles
seront nationales, bien que je ne sois pas Néozélandais, j’aurai moi aussi le
cœur serré. J’ai toujours su le nom de cet homme, depuis que j’ai vu la photo
de N.Tensing en haut de l’Everest, je devais avoir tout juste 11 ans, je n’ai
jamais oublié ni leurs noms ni la photo dont il me suffit de fermer les yeux
pour la revoir, ni cessé de rêver à l’exploit que les cinq syllabes de ce
prénom et de ce nom évoquent immédiatement. Est-ce de cette époque que date mon
attraction et mon attachement à tout ce qui touche à l’Himalaya ?
Peut-être, mais pas uniquement, depuis il y a eu d’autres lectures, d’autres
images, d’autres héros, tibétains, comme Chogyam Trungpa dont j’ai inclus
quelques extraits de sa biographie dans ma pièce :
« Kalachakra ». Nul doute qu’une grande partie de la population regardera
à la télévision la retransmission de ce moment important. Il faut envier ce
petit pays qui a pour héros un homme de paix, de courage et de dévouement.
« La presse et le publique ont créé
l’image d’un Edmund Hillary, héro et explorateur, qui n’existe tout simplement
pas ». C’est lui-même qui le dit et pourtant, dans les journaux ont
propose que le 29 mai devienne le « Hillary Day ». Davantage pour
promouvoir ce qu’il a fait par la suite en faveur des peuples de l’Himalaya, que
pour glorifier, par conséquent réduire, l’engagement de cet homme à repousser
les limites physiques, affirmer les valeurs de la ténacité et de l’effort, ce
qui, quoi qu’il en soit, serait déjà beaucoup.
N.Kurtovitch