ECRIRE EN PAYS DOMINE LORSQUE SA CULTURE, SA LANGUE, SONT LES OUTILS DE LA DOMINATION.

 

Pour celui qui est un humaniste, celui qui au fond de son cœur ressent toujours en premier la présence de l’homme avant toute autre présence, que ce soit dans les domaine d’exercice de la politique, de l’économie, de la  diplomatie, de la création littéraire et plus largement artistique, pour celui qui, sans en faire une contrainte pour autant, mais parce que cela lui est naturel, pour celui qui place l’homme au cœur de toute réflexion, pour cet homme là, cet humaniste donc, le jour où s’est faite en lui la conscience de la situation spécifique faites à ses semblables, conséquence de la colonisation, l’écriture est devenue, - certainement à son insu, certainement par-delà sa conscience agissante, -  son «  moyen » de continuer à exister.

 

L’écriture en pays dominé, ne peut pas être neutre, quelque soit sa communauté d’appartenance. Lorsqu’on appartient à la communauté dominante, celle qui détient les clefs, non seulement du pouvoir, mais pas spécialement ces clefs là, mais surtout celles qui permettent la compréhension des concepts qui président au fonctionnement des lois de toutes sortes qui régissent la société, lorsque sa propre langue et la langue dominante, la langue de la colonisation, la langue de communication entre les ethnies différentes bien sûr, mais aussi entre les locuteurs indigènes de langues différentes, lorsque sa culture est la culture de la colonisation, celle qui contribue à l’étouffement de la culture indigène, l’écriture est alors le moyen de s’assurer une seconde naissance. Cette autre existence au monde, devenue indispensable au moment de la prise de conscience (je suis désolé d’être contraint d’utiliser ces termes, il me semble réduits par rapport à la réalité du sentiment, mais je n’en trouve pas d’autres) de la colonisation. Cette conscience est un drame, c’est une véritable première mort. Mais il en va de cette première mort comme de toutes celles qui revêtent ce caractère de nous laisser sans vie sans pour autant nous l’avoir ôté définitivement, il en va qu’il faut renaître. Il faut alors renaître ou mourir effectivement, c’est à dire : succomber. Sans que ce ne soit une décision, l’énergie de survie qui s’est manifesté en moi l’a fait par l’intermédiaire, entre autre, de l’écriture, mais c’est sous cette forme, l’écriture, que cette énergie permet la communication et l’échange. Ecrire est pour moi la possibilité de naître à nouveau.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, il ne suffit pas d’aligner des mots, des phrases, des chapitres, des publications, pour que l’écriture agisse. Ecrire est avant tout un dialogue avec soi-même, c’est un questionnement, un doute, écrire, c’est vivre «  à la frontière ». Si on veut que l’écriture soit opérante dans cette optique de renaissance, si on souhaite , par elle, accéder à une autre conscience, en d’autres termes : si on écrit parce que l’énergie dépasse notre volonté, alors l’unique solution, l’unique porte par laquelle il faut passer est de s’ouvrir au Monde. Naître à nouveau par l’écriture exige une écriture trempée à l’encre de la sincérité et du vécu. Il ne s’agit pas d’écrire la « conscience coupable », car je ne suis coupable de rien d’autre que de mes actes. Se flageller, écrire son «  Mea Culpa », prendre sur ses seules épaules le fardeau du colonisateur, tout cela est certainement nécessaire à un moment de son évolution. Ce n’est l’écriture que tu temps de la prise de conscience. Poursuivre dans cette voie, si ça apporte bonne conscience et exaltation morbide, n’apporte rien lorsqu’on se trouve dans les espaces de frontière, là où on doit créer, inventer son propre chemin. Ecrire éternellement la conscience coupable n’aide en rien à dépasser, à transformer la situation présente, ce n’est pas suffisant, on attend davantage de l’écriture. Se borner à la culpabilisation comme finalité c’est, hélas, également succomber. En m’immergeant dans l’écriture, j’en espérais, j’en attendais une plus grande connaissance de soi, du Monde et surtout des rapports qui se sont institués entre les êtres humains. En pays encore colonisé ou en passe d’être décolonisé, cette question des rapports entre les hommes, entre les ethnies et les cultures différentes est bien entendu primordiale, essentiel. L’écriture est cette énergie créatrice essentiellement tournée vers l’avenir, vers le «  plus de justice, plus d’équilibre, plus d’amitié de considération, de qualité de la vie ». Il ne s’agit pas, non plus, d’écrire particulièrement, la souffrance du colonisé, cette souffrance ne peut être écrite que par celui qui l’a vécue, ou qui la vit encore quotidiennement. On peut écrire la compassion, la compréhension, la connaissance, de la souffrance et des épreuves de l’autre. En situation encore soumise aux séquelles du colonialisme ce n’est pas du temps perdu d’écrire ainsi, ce n’est pas non plus inutile car nombreux sont ceux qui ignorent encore tout de ce que l’autre vit. C’est une démarche indispensable, sans laquelle il ne peut y avoir de continuation à l’écriture. Ecrire ainsi la souffrance de l’autre relève de la vigilance première mais ce n’est pas une finalité, c’est un premier pas vers une plus grande intelligence de la situation de son pays. Cependant il me semble qu’il y a un danger à s’approprier la souffrance de l’autre, il y a comme une écriture du «  non vécu » .Personne ne peut écrire la souffrance d’un autre. Ecrire en pays dominé lorsque sa propre culture est dominante c’est avant tout écrire la grandeur, la dimension universelle, l’apport de la culture de l’autre, au génie de l’humanité. Il y a comme un devoir vis à vis de cet autre qui depuis longtemps a été réduit à une simple existence de «  l’homme à l’âge de pierre; sans véritable culture « , ce devoir c’est de révéler au Monde l’existence, dans le sens complet du terme, incluant les dimensions culturelles, politiques, économiques, de l’Autre. Révéler que ceux que nous côtoyons ont pu et peuvent encore exister sans nous. Ecrire mon sentiment et mon expérience que l’existence de l’autre dans sa pleine dimension, loin d’être un risque, est bien au contraire, une possibilité unique de grandir, une source d’enrichissement et de développement, tant spirituel que moral, culturel et politique. Ecrire la rencontre de l’autre, une rencontre rendue possible par la pratique de l’esprit vide, rendue nécessaire par la « petite mort » évoquée plus haut. Ecrire afin que d’autres à leur tour ouvrent les yeux, aiment et respectent l’autre, celui qui a été nié, celui à qui la culture dominante, sa propre culture à dénié toute humanité, sans se rendre compte qu’elle dénié alors à ses propres enfants cette même humanité. Vivre enfin d’égal à égal, et ce n’est pas en se niant, en étant son propre fossoyeur, qu’on peut espérer aider à l’amour de l’autre. Créer son propre déséquilibre affectif et mental par la négation de soi même. C’est à dire en culpabilisant à outrance sa culture, sa civilisation , ne peut à court terme, être d’aucune utilité pour concourir à l’émancipation et à la conquête de davantage de justice et d’équité. C’est encore succomber, que de pratiquer le suicide culturel,  c’est un autre enfermement que de rejeter ses racines, en d’autres termes : « rejeter sa mère ».

Ecrire en toute occasion la vigilance.

Il vaut mieux pratiquer la vigilance vis à vis de soi même plutôt que l’automutilation.

Ce que j’appelle alors la vigilance c’est donc d’éviter ces différentes façons de succomber. L’autosatisfaction coloniale et le rejet de la grandeur de l’Autre, la culpabilisation comme finalité, le suicide culturel qui conduit au refus de s’assumer. La vigilance c’est être attentif à soi, à ce que j’aime en moi et ce que j’aime en l’autre, c’est dire cet amour. La vigilance c’est encore être attentif à ce qui, autour de soi, va à l’encontre de ce en quoi je crois, la compréhension des uns et des autres, particulièrement en situation de pluriethnie et de pluriculturalisme, et de le dire.

A mon humble niveau, l’écriture est ce qui me permet d’assumer le drame dans lequel j’ai été projeté lorsque j’ai pris conscience de la situation politique de mon pays, il y a vingt vingt-cinq ans. Chez un intellectuel, un artiste, un être tout simplement sensible, cette conscience ne peut être que dramatique. Accepter ce drame, le dépasser, permet d’assumer sa condition humaine. Qui peut nier la réalité de l’histoire coloniale ? Personne. Il vaut mieux, alors, en être tout à fait conscient, une conscience vigilante. C’est le seul moyen de continuer de vivre intellectuellement, artistiquement. Mon écriture est ma voie, elle me mène à la connaissance et à la conscience de l’univers où je suis. Elle vise aussi à jeter un pont entre nos communautés en Nouvelle Calédonie, mettant en situation la beauté et la grandeur de la culture, du vécu, des hommes  kanak. Ceci ne peut être vrai qu’à la condition que je ne pratique pas en parallèle, mon propre dénigrement, seulement et toujours, la vigilance à tout égards.

L’universel tient en peu de mots, en peu de notions, en peu de circonstances dramatiques, c’est tant mieux. Au nom de cet universel  la culture dominante a trop éliminer. La vigilance s’exerce aussi à préserver la différence, tant pis pour ce qui, tout à fait en apparence, va à l’encontre de valeurs universelles hâtivement définies. 

 

En N.C le silence littéraire des années, cinquante, soixante et soixante dix, a été induit par le bruit de la création du T.O.M. Les velléités de créations littéraires ont été anesthésiées par la modernisation technique et matérielle du pays : route, pont, téléphone, télégraphe, télévision, aéroport, école, plein emploi, etc., la course à la modernité, au développement, plus de temps pour créer, plus de temps pour s’interroger, plus de temps, et surtout pas de besoin, d’être vigilant. Toutes les réponses étaient, par anticipation, données, voire imposées, par le développement matériel, et tant pis pour celui qui ne s’en satisfaisait pas. Le sentiment d’entrer de plein pied dans la modernité, donc dans le monde, gonflait les cœur de sécurité intellectuelle. Quelles interrogations, quels doutes, pouvaient donc subsister devant ces réponses concrètes, palpables, intangibles, preuves que nous étions tous, peuple indigène et calédoniens de toutes origines, sur la bonne voie, celle qui fait, comme par enchantement, disparaître le grain de sable qui empêche de bien dormir. Le doute ? Dans un premier temps, de celui qui l’exprimait on en riait, mais s’il insistait alors on le condamnait à la marginalisation. Silence littéraire donc, parce que le temps n’était pas à la création, car ne l’oublions pas, toute création suppose la remise en question, même minime, même inconsciente, de ce qui existe déjà, mais aussi parce que ceux qui, malgré tout, étaient traversés d’une énergie plus puissante que l’accumulation matérielle, se retrouvé plus ou moins bâillonné par l’absence de support matériel à leur création ; pas d’éditeurs, pas de galerie de peinture, pas d’aide financière à la publication.

En une dizaine d’années les Accords de Matignon avec les mesures d’accompagnements associées ont transformé la vie politique et économique de la Nlle Calédonie.  La littérature avait anticipé de quelques années ces changements, modestement mais avec vérité cependant. Depuis le tout début des années quatre vingt les publications se multiplient et de nouveaux titres paraissent régulièrement chaque année. Récits de vie, témoignages, essais politiques, poésie, recueils de nouvelles, collectifs et individuels, romans, et bientôt théâtres. Tous ces écrits, tous ces auteurs, tranchent avec le silence des années cinquante, soixante et première moitié des années soixante dix, expriment, racontent, parlent, rêvent, espèrent et imaginent un pays. A la différence également de la plupart des auteurs de l’entre deux guerres (à l’exception notoire de Marrioti et de Baudoux) qui écrivaient la Nlle Calédonie «  de l’extérieur », les auteurs d’aujourd’hui écrivent le pays de l’intérieur, avec leur cœur et leur ventre. La proximité d’un changement statutaire important n’est pas étranger à ce développement littéraire (mais pas seulement, il y a aussi un important développement de la peinture et de la musique, tant du fait d’artistes d’origine européenne que d’artistes kanaks et polynésiens, comme en littérature). Les Accords de Matignon ont certes aidé à ce qu’il y ait davantage de support à la publication ce qui en retour, suscite de l’écriture. Mais c’est l’amour et le désir d’être partie prenante dans le futur de la Nlle Calédonie qui conduit les artistes à créer. Tous ne pratiquent pas la vigilance dont je parlais tout à l’heure, mais suffisamment le font pour qu’on puisse espérer en un avenir immédiat encore plus florissant des arts en générale, de la littérature en particulier, dans un contexte où l’ignorance de l’Autre ne sera plus possible ni, je le souhaite, voulu.

L’idée d’une telle communication sur mon écriture en Nlle Calédonie m’est venue à la lecture du livre de Patrick Chamoiseau : «  Ecrire en pays dominé », mon souci étant alors de réfléchir à propos de : « Ecrire en pays dominé, lorsque sa propre culture, sa propre langue, sont les outils de la domination culturelle - coloniale – ». Ce que j’ai découvert en écrivant cette communication est qu’écrire dans de telles circonstances n’est pas anodin et que ce ne peut pas être un simple exercice de style et de pur satisfaction esthétique. L’écriture se doit d’être exigeante et vraie, toujours sincère, alors écrire est naître à nouveau.   

                        C’est précisément à cause de cette vigilance que je m’interroge à propos du Métissage Culturel.

            Les cultures sont métisse ou ne sont pas, soit, cependant je crains, je redoute l’absence ? l’immobilité que je ressens dans cette affirmation. Peut-être à cause de l’aspect définitif que donne le verbe « sont » dans cette affirmation, peut-être à cause de la question qui me vient immédiatement à l’esprit en entendant cette affirmation : » et après, et maintenant que notre culture est décrétée métisse, vers quelle rencontre nous dirigeons-nous ? » L’affirmation que toute culture est un fruit métis est nécessaire par les temps qui courent aussi ne vais-je pas m’amuser à la contredire, entre autre raison, parce que je crois que dans mon pays c’est encore un horizon que bien peu de gens sont prêt à accepter et qu’il ne faut pas laisser passer le moindre doute, le moindre petit obstacle  à la rencontre de l’autre et de soi

            En tant qu’écrivain, que créateur donc, mais également de chercheur de sens, chercheur de beauté et de vérité, je préfère penser et dire que je suis dans une interface culturelle, terme que j’emprunte à la géographie économique, à la fois pour l’espace d’échange et de rencontre qu’il nomme, à la fois pour l’espace mentale propre à chacun, qu’il peut engendrer. J’ai le sentiment d’évoluer dans un lieu d’emprunt, de rencontres, d’affrontements, d’amitiés, d’amour et de rejets. Un espace qui est celui d’une page blanche, d’une scène de théâtre ou de danse, une voie où deux ou davantage de cultures se donnent rendez-vous. L’attitude de l’écrivain mais une attitude que l’on peut croire être celle de tout créateur, ne peut être que le mouvement. Le métissage culturel à l’inverse du biologique n’est jamais atteint. Ce ne peut-être qu’une perpétuelle création, des alliages, des alliances se font, se défont, des emprunts des rejets des retours sur soi sur sa culture maternelle, historique, des échanges libres, indépendants.

            Tout est encore à faire, rien ne sera définitivement accompli ni achevé, mais tout est possible, tout est même déjà engagé. L’horizon se dégage, l’alizé souffle régulier et suffisamment puissant pour que la pirogue passe le récif et atteigne le rivage hospitalier.

. Cette voie est celle de la pratique de «l’interface culturelle »** qui s’oppose, pour les années présentes à l’idée trop répandue et trop facilement acceptée du « métissage culturel », association rapide et pratique de termes, formant un tout indéfini, fourre tout, sac à pain où l’on découvre, au fond, plus de croûtons moisis que de pain frais. La pratique de l’interface culturelle, la pratique par les créateurs, artistes, peintres, musiciens, écrivains, architectes, poètes, de la reconnaissance, de la vision que nous existons dans un espace aux frontières par bonheur imprécises, où se rencontrent et s’enrichissent les cultures océaniennes et occidentales

Alors que l’idée de culture métisse, de définitivement métisse, conduit l’artiste à vouloir créer quelque chose de métis, définitivement métis, [comme si ce qui se passe génétiquement pouvait se passer, ex-abrupto, sur simple décision, dans la peinture, la poésie…] l’idée de la pratique de l’interface culturel conduit à créer quelque chose de personnel, résultante ponctuelle d’énergies provenant d’horizon divers. C’est l’énergie créatrice qui peut être métisse, pas la création. – Je rêve de ne plus voir dans des expositions des œuvres se targuant d’être la manifestation d’une peinture métisse, et de fait reconnues comme telles, parce que l’artiste s’est contenté de coller sur sa toile un ou deux signes (masques, totems, et même pétroglyphes) de la culture kanak, et ce sans que l’énergie multiple ne transpire.

Le sous-tendu n’est-il pas alors d’acquérir ainsi une légitimité ? Le métissage en tant que légitimité, non-merci ! Encore une exclusion ! Je préfère vivre mes aller-retour, parfois incertains, parfois constructifs, dans ce front, ce lime, de l’interface culture. Je n’ai ni la prétention ni le désir d’acquérir un tertre ou un clan par ma création littéraire. La légitimité, si tant est qu’il en soit besoin, - mais bon, puisqu’on en parle, - ne s’acquiert pas par des actes spectaculaires mais par un vécu qui échappe à toute analyse, mais qui n’échappe pas au cœur de l’Autre, mon interlocuteur, celui-là avec qui je veux construire une nation.

. Notre génération ne verra jamais ce métissage et c’est un mensonge que d’affirmer le contraire et c’est encore le meilleur moyen de ne jamais y parvenir parce que ce qui est vrai pour les Amériques et loin de l’être pour l’Océanie. L’interface comme attitude mentale est l’attitude qui permet de garantir un équilibre intellectuel et psychique, de garder ouvert le champ de la spontanéité, de rester en soi et en même temps d’être près de l’autre en évitant la fusion

Ce que je rejette ce n’est pas l’idée du Métissage culturel – ce serait folie et ignorance de ma part- mais c’est le fait qu’en Nouvelle Calédonie les pouvoirs politique, administratif et culturel, s’emparent de cette notion, de cette possible réalité future, et présente le Métissage culturel calédonien, non seulement comme un fait accompli mais surtout comme un désir exprimé e totalement partagé par tous les habitants du pays. C’est un peu tôt pour la Nouvelle Calédonie. Nous ne sommes qu’au début de la rencontre véritable entre communautés libres, nous commençons tout juste à nous adresser des regards francs et ouverts les uns vers les autres. C’est pourquoi je préfère l’idée et la pratique de l’Interface Culturelle, il y a moins de risque d’y voir se perdre l’espoir d’une amitié véritable et constructive.

C’est aux artistes tout autant qu’aux Gens Ordinaires de pratiquer et de faire vivre un éventuel Métissage culturel à venir, pas aux différents Pouvoirs de le décréter. L’affirmation par le sommet de la pyramide hiérarchique de l’urgence d’une Culture Métisse a aussi pour effet l’accélération de l’innovation dans la culture dominée et ceci en dépit des rythmes internes à cette culture. Les résultats risquent de n’être qu’au profit d’une mondialisation culturelle pas toujours enthousiasmante, car dans cette accélération ce sont encore les cultures des pays puissants qui ont le plus de chance de s’imposer.