Tentation Caméléon et métissage culturel

 

                        Le texte qui est présenté ici : «  Quelques instants il y a quelques jours de la vie d’un autre homme », n’est pas l’illustration de ce que j’appelle «  le danger caméléon », mais son parfait opposé, à savoir l’empathie. L’empathie dont aujourd’hui l’humanité et la Nouvelle Calédonie manquent grandement

 

 

(Lorsqu’on m’a demandé de participer à un petit recueil devant porter sur les thèmes de la métamorphose ou du caméléon j’ai d’abord écrit une nouvelle. Ensuite je me suis rendu compte que cette nouvelle traitait de l’empathie entre deux êtres, deux hommes plus exactement. De fil en aiguille la pensée faisant son chemin j’en suis arrivé à l’idée de « tentation caméléon » comme opposée à l’empathie)

Le caméléon est cet animal qui, par mimétisme et pour des raisons biologiques que j’ignore, change de couleur de peau en fonction du support sur lequel il repose.

En fait il adopte la couleur de la pierre, de la branche ou de la large et solide feuille sur laquelle il se tient. C’est pratique et amusant, pour un animal, mais ça ne l’est pas pour un être humain.

C’est pratique pour l’animal parce qu’ainsi il se dissimule, ou croit se dissimuler, aux yeux des autres, quels qu’ils soient, confrères ou ennemi potentiel.

Pour un être humain si cela lui arrivait de faire comme le caméléon, s’il lui arrivait de changer de pensées, ou de changer de perception et d’expression aussi vite et aussi souvent que l’animal change de peau,

il en reviendrait à perdre son identité à chaque jour et à chaque heure, tout le temps.

Il ne serait plus personne, il ne serait plus crédible.

Cette personne des plus versatile, ne pourrait plus apporter quoi que ce soit à l’Autre.

Elle ne serait qu’un pâle reflet déformé, une triste reproduction ratée de cet Autre à qui elle croit et espère qu’en se transformant uniquement de l’extérieur, elle lui prodiguer amour, compassion et soutien.

Et pourtant beaucoup de gens, sous les tropiques, succombent à cette tentation du caméléon et adaptent leur discours et leurs productions artistiques à ce que j’appelle « l’humeur collective» du moment.

C’est tellement plus facile et plus réconfortant.

C’est aussi bien plus simple de ne pas exercer son intelligence, ou de ne l’exercer qu’en se laissant porter par le discours ambiant le plus dominant, le plus « sympathique » le plus attrayant.

Occulter son propre sens critique, occulter le doute intelligent c’est en définitive s’interdire toute création, toute originalité et par conséquent toute opportunité de faire avancer l’humanité au profit d’un immobilisme par trop conservateur.

Je voudrais faire une digression à propos d’écrire en Nouvelle Calédonie, écrire en « pays dominé, lorsque sa langue et sa culture sont les langues et cultures de la domination »

 

L’écriture en pays dominé, ne peut pas être neutre, quelque soit sa communauté d’appartenance. Lorsqu’on appartient à la communauté dominante, celle qui détient les clefs, non seulement du pouvoir, mais surtout celles qui permettent la compréhension des concepts qui président au fonctionnement des lois de toutes sortes qui régissent la société, lorsque sa propre langue et la langue dominante, la langue de la colonisation, la langue de communication entre les ethnies différentes bien sûr, mais aussi entre les locuteurs de langues kanak différentes, lorsque sa culture est la culture de la colonisation, celle qui contribue à l’étouffement de la culture indigène, l’écriture est alors un moyen de s’assurer cet engagement à l’opposé de la neutralité.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, il ne suffit pas d’aligner des mots, des phrases, des chapitres, des publications, pour que l’écriture agisse. Ecrire est avant tout un dialogue avec soi-même, c’est un questionnement, un doute, écrire, c’est vivre “  à la frontière ”. Si je veux que l’écriture soit opérante, si je souhaite, par elle, accéder à une autre conscience, en d’autres termes : si j’écris parce que l’énergie dépasse ma volonté, alors l’unique solution, l’unique porte par laquelle il faut passer est de s’ouvrir au Monde. Naître à nouveau par l’écriture exige une écriture trempée à l’encre de la sincérité et du vécu. Il ne s’agit pas d’écrire la “ conscience coupable ”, car je ne suis coupable de rien d’autre que de mes actes. Se flageller, écrire éternellement son “  Mea Culpa ”, prendre sur ses seules épaules le fardeau du colonisateur, tout cela est certainement nécessaire à un moment de son évolution mais ce n’est l’écriture que tu temps de la prise de conscience. Poursuivre dans cette voie, si ça apporte bonne conscience et exaltation morbide, n’apporte rien lorsqu’on se trouve dans les espaces de frontière, là où on doit créer et inventer son propre chemin. Ecrire éternellement la conscience coupable n’aide en rien à dépasser et à transformer la situation présente, ce n’est pas suffisant, on attend davantage de l’écriture. Se borner à la culpabilisation comme finalité c’est, hélas, également succomber. En m’immergeant dans l’écriture, j’en espérais, j’en attendais une plus grande connaissance de soi, du Monde et surtout des rapports qui se sont institués entre les êtres humains. En pays encore colonisé ou en passe d’être décolonisé, cette question des rapports entre les hommes, entre les ethnies et les cultures différentes est bien entendu primordiale, essentielle. L’écriture est cette énergie créatrice essentiellement tournée vers l’avenir, vers le “  plus de justice, plus d’équilibre, plus d’amitié de considération, de qualité de la vie ”. Il ne s’agit pas, non plus, d’écrire particulièrement, la souffrance du colonisé, cette souffrance ne peut être écrite que par celui qui l’a vécue, ou qui la vit encore quotidiennement. On peut écrire la compassion, la compréhension, la connaissance, de la souffrance et des épreuves de l’autre. En situation encore soumise aux séquelles du colonialisme ce n’est pas du temps perdu d’écrire ainsi, ce n’est pas non plus inutile car nombreux sont ceux qui ignorent encore tout de ce que l’autre vit. C’est une démarche indispensable, sans laquelle il ne peut y avoir de continuation à l’écriture. Ecrire ainsi la souffrance de l’autre relève de la vigilance, c’est un premier pas vers une plus grande intelligence de la situation de son pays. Mais ce n’est pas une finalité. Cependant il me semble qu’il y a un danger à s’approprier la souffrance de l’autre, il y a comme une écriture du “  non vécu ” .Personne ne peut écrire la souffrance d’un autre. Ecrire en pays dominé lorsque sa propre culture est dominante c’est avant tout écrire la grandeur, la dimension universelle, l’apport de la culture de l’autre, au génie de l’humanité. Il y a comme un devoir vis à vis de cet autre qui depuis longtemps a été réduit à une simple existence de “  l’homme à l’âge de pierre; sans véritable culture “ , ce devoir c’est de révéler au Monde l’existence, (dans le sens complet du terme, incluant les dimensions culturelles, politiques, économiques,) de l’Autre. Révéler que ceux que nous côtoyons ont pu et peuvent encore exister sans nous. Ecrire mon sentiment et mon expérience que l’existence de l’autre dans sa pleine dimension, loin d’être un risque, est bien au contraire, une possibilité unique de grandir, une source d’enrichissement et de développement, tant spirituel que moral, culturel et politique. Ecrire la rencontre de l’autre, écrire afin que d’autres à leur tour ouvrent les yeux, aiment et respectent l’autre, celui qui a été nié, celui à qui la culture dominante, sa propre culture à dénié toute humanité, sans se rendre compte qu’elle dénié alors à ses propres enfants cette même humanité. Vivre enfin d’égal à égal. La sincérité c’est aussi être conscient que ce n’est pas en se niant, en étant son propre fossoyeur, qu’on peut espérer aider à l’amour de l’autre. Créer son propre déséquilibre affectif et mental par la négation de soi même. C’est à dire en culpabilisant à outrance sa culture, sa civilisation, ne peut à court terme, être d’aucune utilité pour concourir à l’émancipation et à la conquête de davantage de justice et d’équitité. C’est encore succomber, que de pratiquer le suicide culturel,  c’est un autre enfermement que de rejeter ses racines.

Il vaut mieux pratiquer la vigilance vis à vis de soi même plutôt que l’automutilation.

Ce que j’appelle alors la vigilance c’est donc d’éviter ces différentes façons de succomber. L’autosatisfaction coloniale, le rejet de la grandeur de l’Autre et la culpabilisation comme finalité, le suicide culturel qui conduit au refus de s’assumer. La vigilance c’est être attentif à soi, à ce que j’aime en moi et ce que j’aime en l’autre, c’est dire cet amour. La vigilance c’est encore être attentif à ce qui, autour de soi, va à l’encontre de ce en quoi je crois, la compréhension des uns et des autres, particulièrement en situation de pluriethnie et de pluriculturalisme, et de le dire.

L’écriture vise aussi à jeter un pont entre nos communautés en Nouvelle Calédonie, mettant en situation la beauté et la grandeur de la culture, du vécu, des hommes  kanak. Ceci ne peut être vrai qu’à la condition que je ne pratique pas en parallèle, mon propre dénigrement, seulement et toujours, la vigilance à tout égards.

L’universel tient en peu de mots, en peu de notions, en peu de circonstances dramatiques, c’est tant mieux. Au nom de cet universel  la culture dominante a trop éliminé. La vigilance s’exerce aussi à préserver la différence, tant pis pour ce qui, tout à fait en apparence, va à l’encontre de valeurs universelles hâtivement définies. 

 

La tentation Caméléon est à rapprocher, dans son aspect superficiel, de l’affirmation péremptoire de la nécessité du métissage culturel. Certains en Nouvelle Calédonie vont jusqu’à prétendre que ce métissage culturel (entre quoi et quoi on se le demande !) est déjà opérant si ce n’est réalisé et abouti ! (je crois rêver ). Une affirmation précipitée qui relève davantage des culturel et politiquement corrects, que d’une prise en compte réelle de la vie artistique et intellectuelle locale. Le rêve de la fusion entre tous les hommes anime encore beaucoup de personnes, souvent très bien intentionnées mais peut-être trop sentimentales. Et pourtant dans le contexte actuel de la Nouvelle Calédonie ce rêve ne peut que conduire à des aberrations artistiques et (plus grave) à des formes de dominations culturelles bien plus pernicieuses que la domination coloniale telle qu’elle s’est développée les décennies passées et encore aujourd’hui. Avec moins d’arrogance cependant, ce qui permet l’espoir d’une véritable rencontre avec l’Autre, à condition que d’autres énergies perverses ne viennent pas étouffer, dans l’œuf, les germes de véritable amitié, de rencontre et de reconnaissance de cet Autre, qui, particulièrement en Nouvelle Calédonie, nous conduit à une permanente et salutaire interrogation sur soi. Se fondre dans l’Autre dans un abandon de soi pathétique, pour expier la faute de ses parents et ne faire qu’un avec autrui, quelle terrible tentation. Mais quelle facilité également et quel aveuglement. Dans le contexte actuel de la Nouvelle Calédonie il faut résister, si on ne veut pas être transformé en caméléon, à l’aspiration que suscite le quasi-décret du « métissage culturel seul espoir culturel pour le pays en devenir ». L’identité commune relève avec succés du domaine politique ordinaire ; un passeport pour tous, une carte d’identité pour tous. Mais lorsqu’il s’agit du domaine culturel dans son sens le plus large, celui qui englobe non seulement les dimensions artistiques mais également le vécu quotidien, alors l’identité, commune et identique, est une parfaite chimère dans notre pays, pour encore plusieurs générations, c’est certains.

            Il y a à mon avis une meilleure manière d’exprimer l’idée qu’en Nouvelle Calédonie nous avons cette opportunité d’être en relation intime avec plusieurs cultures, cette expression dit ce qui pourrait être une voie culturelle privilégiée pour le pays de demain, un demain qui d’ailleurs débute aujourd’hui, qui a certainement commencé hier pour beaucoup d’entre nous. Cette voie est celle de la pratique de “l’interface culturelle ”** que j’oppose, pour les années présentes à l’idée trop répandue et trop facilement acceptée du “ métissage culturel ”, association rapide et pratique de termes, formant un tout indéfini, fourre tout, sac à pain où l’on découvre, au fond, plus de croûtons moisis que de pain frais. Qui peut se targuer d’être et de produire des éléments culturels métis ? Le débat, au demeurant intéressant et même instructif, nous entraînerait dans une argumentation beaucoup trop intellectuelle et finalement trop périphérique. La pratique de l’interface culturelle, de la reconnaissance, de la vision que nous existons dans un espace aux frontières par bonheur imprécises, où se rencontrent et s’enrichissent les cultures océaniennes et occidentales, est cette voie particulière que j’essaie de suivre, qui me conduit à être en constante relation avec l’Autre sans que pour autant je veuille assombrir ma peau. J’ai le sentiment d’évoluer dans un lieu d‘emprunts, de rencontres, d’affrontements, d’amitiés, d’amour et de rejets. Un espace qui est celui d’une page blanche, d’une scène de théâtre ou de danse, une voie où deux ou davantage de cultures se donnent rendez-vous. L’attitude de l’écrivain mais c’est une attitude que l’on peut croire être celle de tout créateur, ne peut être que le mouvement. Le métissage culturel à l’inverse du biologique n’est jamais atteint. Ce ne peut être qu’une perpétuelle création, des alliages, des alliances se font, se défont, des emprunts, des rejets, des retours sur soi, sur sa culture maternelle, historique, des échanges libres, indépendants. Nous allons d’une borne à l’autre, attentifs, le regard scrutateur, le cœur ouvert, l’esprit vigilant, l’intelligence en éveil, tentant d’exprimer notre émotion et notre désir. Alors que l’idée de culture métisse, de définitivement métisse, conduit l’artiste à vouloir créer quelque chose de métis, définitivement métis, [comme si ce qui se passe génétiquement pouvait se passer, ex-abrupto, sur simple décision, dans la peinture, la poésie…] l’idée de la pratique de l’Interface Culturel conduit à créer quelque chose de personnel, résultante ponctuelle d’énergies provenant d’horizon divers. C’est l’énergie créatrice qui peut être métisse, pas la création. – Je rêve de ne plus voir dans des expositions des œuvres se targuant d’être la manifestation d’une peinture métisse, et de fait reconnues comme telles, parce que l’artiste s’est contenté de coller sur sa toile un ou deux signes (masques, totems, et même pétroglyphes) de la culture kanak, et ce sans que l’énergie multiple ne transpire.

            Le métissage culturel est peut-être pour certains, un but, une situation in fine dont on peut douter et de l’utilité et de la pertinence tant elle renferme de danger, mais si c’est un but pour certains il est si éloignée de nous dans le temps, qu’en faire un outil d’analyse, de perspectives et même de compréhension est erroné et dangereux. - nous n’avons pas le droit de rater l’amorce du contact avec les civilisations océaniennes et particulièrement la civilisation kanak en Nouvelle Calédonie. Il y aura peut-être, un jour une culture métisse réelle, mais elle ne sera jamais le résultat d’un décret. En attendant il faut parcourir en tous sens cet Interface, s’y tenir debout et nomadiser, être à l’écoute, marcher entendre lire et puis au fur et à mesure, oublier, pour que le corps et l’esprit dans leur silence fassent leur, les donner, les émotions, les techniques découverts  ou simplement effleurés. Notre génération ne verra jamais ce métissage et c’est un mensonge que d’affirmer le contraire et c’est encore le meilleur moyen de ne jamais parvenir à la rencontre de l’Autre, parce que ce qui est vrai pour les Amériques et loin de l’être pour l’Océanie. L’Interface comme attitude mentale est l’attitude qui permet de garantir un équilibre intellectuel et psychique, de garder ouvert le champ de la spontanéité, de rester soi et en même temps d’être près de l’autre en évitant la fusion.

Ce regard ouvert sur l’Autre et sur l’extérieur nous aide à ne pas craindre et à ne pas éviter le déséquilibre. La peur du doute, du questionnement, la peur de l’insoumission à la pensée unique et consensuelle sont les plus grands des dangers, les plus grands obstacles à l’évolution de notre pays, tant politique que culturelle. Le consensus ne doit pas être le prétexte au refus de toute opposition critique, voire virulente. Le pays doit avancer, c’est par le doute et l’interrogation permanente que ces avancées se feront ; elles ne peuvent être décrétées, elles ne peuvent venir que de l’effort de chacun, et souvent cet effort commence par le questionnement. Il faut de l’audace, à l’image de l’audace des accords de Matignon et de Nouméa ; cette audace ne peut rester l’apanage des hommes au pouvoir, il doit être aussi celui du citoyen, comme si un nœud gordien devait être constamment dénoué et parfois tranché, ouvrant la route qu’il nous reste à emprunter. Le devoir d’insubordination est notre véhicule, celui  des écrivains. Il ne s’agit pas de reprendre les sentiers des années quatre vingt, mais celui qu’on imagine être du vingt et unième siècle ; je souhaite qu’il soit celui de la vigilance. Vigilance vis à vis de soi tout d’abord, en ne succombant ni à la conscience coupable ni à l’arrogance qui guète le détenteur de ne serait-ce que d’une seule parcelle de pouvoir.

Le fait de vivre dans un lieu qui est un véritable Interface Culturel, permet à notre identité culturelle d’évoluer, de se transformer, d’être vivante et non figée dans une académie pontifiante bien assise sur ses certitudes illusoires, par trop éloignées du peuple. Sachons en profiter en gardant le cœur et l’esprit ouverts. Tout en nous gardant de n’être que caméléons, en badigeonnant nos pensées de la teinture en vogue - mais qui sera cependant bien vite oubliée lorsque politique et économie n’y trouveront plus leurs affaires. Gardons-nous de n’être que miroir de l’extérieur car ce qui fait la force d’un cœur c’est lorsque, puisant en lui l’énergie de vie il en irrigue l’espace tout autour. Le caméléon est sympathique et attrayant, il a l’illusion de la liberté et du changement mais à terme il n’est plus rien, il est triste et à bien le regarder, il ne semble pas si heureux que ça. Le caméléon change de peau sans que ce ne soit de sa part une décision réfléchie, il le fait parce qu’il ne peut pas faire autrement. L’animal est conditionné pour cela et il n’y peut rien changer. Le pauvre animal n’est que tromperie et mensonge, il se trompe lui-même en tout premier lieu, ensuite il trompe l’Autre, mais il ne trompe qu’une autre aveugle,  qui prend le changement de teinte pour une métamorphose. C’est une métamorphose perpétuelle cependant qui pourrait être salutaire et pour cela, pour y parvenir il faut oser ne plus rien être, n’être plus rien, oser la transformation permanente, celle qui est toute disponibilité et en même temps discernement, ce que ne fait pas le caméléon.  [L’histoire récente du Tibet, l’engagement et les paroles à la fois de compassions et de fermeté du Dalai Lama, nous conduisent à la souplesse tout en affirmant que la souplesse n’est possible et véritable que lorsque l’assise est solide.[

            La disponibilité à la compassion, à la métamorphose et à l’empathie, ne sont possible que si l’assise est solide, et cette solidité est tout à l’opposée de l’ignorance du caméléon qui confond la peau avec l’être.

Les différents Accords, de Matignon puis de Nouméa, ont créé certaines conditions favorable au développement de la création artistique et donc de la rencontre avec l’Autre. Il nous appartient de tirer le maximum de cette situation et d’explorer le plus à fond possible l’espace que nous occupons mais je parlais tout à l’heure d’Interface culturelle, je me demande si nous ne sommes pas davantage dans une situation de Front culturel, dans le sens militaire du terme. Peut-être pas dans les domaines artistiques, mais plus certainement dans les domaines économiques, politiques et même de l’enseignement.