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Une déchirure au travers le rouge de la plaie Derrière le bois noir et enfumé Il y a le visage d'un homme soumis Visage pâle surgissant de la forêt Les jours sont si sombres qu'on croirait des nuits Et elles quand c'est à leur tour peuvent être l'enfer Mon âme a-t-elle une langue pour goûter Les cataractes d'eau sur une terre déjà noyée La maison de tôles qui m'abrite cette nuit N'a que deux pièces une pour le jour où on mange L'autre pour craindre la nuit J'ai mis le couteau sur la table dans sa gaine Ainsi je suis protégé des irruptions de la nuit Les vagues et la marée sur la plage les corps Bruyants autant que les bois du toit sous les tôles La stabilité semble avoir disparu de la pièce Comme je suis face à la mer je me dis qu'ils viendront Les pécheurs me saluer et raconter leur histoire avant D'abandonner leurs poissons sur la table Laissant la nuit de plus en plus noire envelopper le tout Pièce table banc sol de terre battue tôles peaux blanches |