Va

 

 

Va mon cœur

Suit le souffle

Du seul esprit

Va par delà

Rues et traverses

Suivre l’absence

 

Va

Mon cœur futur

Est infini

Me dit-on

Traverse mes hésitations

Et la ville par sa rue

Avalera mon être serein

Alors passeront sous mon nez

Mendiants et abandonnés

Souffles insupportables

Ou souhaits de mort

Espoirs d’ailleurs

Et d’ivresse

De drogues et d’échappées

 

Va dans la lumière éteinte

Car rien autant que ton désir

Ne peut ouvrir le corps

 

Prends l’envol du matin

Pour tien

Rien

Autour de toi

Ne peut te tenir

Rivé

À ce pauvre monde

L’abandon

De l’autre façade

Garde

Le pourtour du chemin

En ombre

Et te laisse

Cœur simple

Saisi

Par

« l’Allez ! »

 

C’est comme

En flottant

En eaux et nuages

Que tu iras

Mon cœur

Détaché des liens

Du sang

De la chaire

Des muscles

L’élan vital

Tu es

Cela

Et tant d’autres forces encore

 

Mon cœur

Être

Sans l’attache

Du rythme de la valve

Sans les nœuds

Des valvules des angoisses

De l’arrêt

Être

En vivant

Avec l’espace

Devant toi

Être

En cet instant

Ciel

Et terre

Confondus

 

                                                 Nicolas Kurtovitch  mars 2006.