Hiver à Villeneuve janvier 2006
pas de hache
pourtant cet hiver
quel froid
la glace un matin
les enfants dessus
glissent sur l’eau
on voit bien
à l’allure des passants
c’est l’hiver
qui sait
atténuer le froid
aime l’hiver
des gants
en hiver
oui c’est utile
les jours
identiquement gris
la neige pour compteur
ces premières heures
chaussettes trop fines
ça c’est l’hiver
le début
du nouveau froid
reste en mémoire
par ici les enfants
de l’hiver
s’en amuse près de l’eau
mais ce grand froid
c’est aussi
le froid des pauvres
sans le vent
très supportable
cet hiver de France
du vent
même les oiseaux
se plaignent en hiver
pour un souvenir
cette fois
l’hiver vaut le coup
Mirabelle et Blacon
emmitouflé
certains en hiver
n’ont jamais froide
la neige sur le trottoir
ne blanchit pas
les injustices
la crasse en ville
vient avec l’hiver
sous la neige
en hiver
pas de feuilles aux
branches
pour ainsi dire
le vieil homme
« où va le blanc de la neige
lorsqu’elle fond »
un beau visage
passe à travers l’hiver
derrière la vitre
un tas de neige
attendre attendre
et manger froid
l’hiver
je le voulais
hourra hourra
l’hiver
je le voulais
tant pis tant pis
cette fois l’hiver
prairies blanches
allures rapides
pas d’amis en visite
boire à la fenêtre
seul tant pis
debout
il y a le gris
des chevaux hagards
(voilà)
c’est vu
le cheval noir
debout dans la neige blanche
(c’est)
surprenant
de la fumée
et la maison endormie
trente ans
passés
comme une respiration
les cigales
d’un coup
disent l’été
j’ai peur
du monde de tout
j’ai peur
debout
le monde alentour
brisés sont mes reins